Un atelier d’écriture où nous sommes entourés d’imposteurs de tout poil. Armé d’un stylo, à nous de déjouer les pièges, les faux semblants, de distinguer les rêves sincères des réalités trompeuses…
1 Des lettres et signes typographiques qui se prennent pour ce qu’ils ne sont pas… et qui vont entrainer une série de questions réponses, s’inspirant du principe du « cadavre exquis ». Nous écrivons donc à l’aveugle, ce qui donne un résultat qui cherche souvent à assembler la queue à la tête… ce n’est pas pour rien que ce jeu est emprunté aux Surréalistes.
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| A Terrasse |
Est-ce les pieds de la Tour Eiffel ?
Mais non, enfin, chaussez vos lunettes, vous voyez bien qu’ils ont des écailles de dinosaure.
À quoi servent les écailles ?
Elles servent à se protéger de la pluie, du soleil et des méchants coups des crapules.
Alors, à quoi servent donc les ombrelles ?
À se protéger du soleil.
Et pourquoi s’en protéger ?
Pour la beauté, le luxe et la volupté.
Ce A en Tour Eiffel est d’une beauté ! Le luxe, non, car étant populaire ce lieu n’a pas de volupté à créer.
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| parenthèse épluchée |
Fleur ou fruit ?
Au début c’est une fleur et après un fruit.
Et si le fruit est trop mûr, que se passe-t-il ?
Il s’écrase sur la tête des fourmis.
Le pommeau de l’arrosoir ?
Bien sûr, sinon ça ne coulerait pas.
Faudrait-il mettre une couche de beurre pour étanchéifier la confiture ?
Si le beurre a été baratté, oui, la confiture ne coulera pas.
Est-ce que votre tartine est sans trou ? Si celle-ci a des trous, bien les boucher avec le beurre et rajouter quelques fleurs écrasées.
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parenthèse moustachue
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Pourquoi est-ce que le E vient après le D ?
Parce que le E a été moins rapide pour voir le jour.
Quelle lettre est arrivée la 1ère ?
On a commencé l’alphabet par la lettre A
Et on aura fini quand ?
Quand les poules auront des dents ou à la St Glinglin
Depuis quand ce dicton existe ? Est-ce que ce saint existe ?
J’en doute.
Peut-être que tu en doutes, mais pour moi c’est sûr, le E vient après le D !
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| clef d'interrogation |
Quels genres de serrures cette étrange clef ouvre-t-elle ?
Les cœurs des monstres des bois
Leurs cœurs sont-ils de pierre ?
Bien sûr puisqu’ils sont inertes.
Impossible donc d’en tirer une réaction ?
Il y aura bien une réaction chimique et physique.
Avez-vous respecté le protocole ?
Le protocole et moi ça ne va pas ensemble.
Donc, si j’ai tout bien compris, cette clef d’interrogation est utilisée uniquement par des électrons libres !
L à talon
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Quelle est la pointure de ma grand-mère ?
Je ne sais pas, tout ce que je sais c’est qu’elle avait de petits pieds.
Était-ce une Chinoise ?
Je dirais plutôt asiatique, de façon générale.
Pourquoi ? Avez-vous vu un détail dont son origine viendrait du continent asiatique ?
Mais pas du tout, c’est de l’art aborigène!
Quelle est la définition de « l’art aborigène » ?
Ce sont des œuvres d’art qui ne s’accrochent que dans les arbres.
C’est donc bien le cordonnier qui est le mieux chaussé, dans les arbres ou non.
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P à visser
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Que visse-t-on avec un P ?
Eh ben, ce que l’on a sous la main ! Une ligne par exemple.
Faut-il qu’elle soit continue ou pointillée ou encore courbe ?
Il faut qu’elle soit courbe, car sinon elle pourrait nous blesser.
Mais comment la courber ?
Il faut couper les coins.
Et après, on se retrouve que avec des ronds ! Et tous ces ronds, qu’est-ce qu’on en fait ?
Des ronds de serviettes, des ronds dans l’eau ou bien des poti-ronds !!
Des trous bien ronds, ça permet de bien visser les choses.
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G à marches
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Je suis bientôt arrivé ?
A l’instant, in extremis ! Avant que la séance ne commence.
Mais à quelle heure commence cette séance ?
Les séances nocturnes sont à 23h.
Quel est l’avantage des séances nocturnes ?
Ben voyons, on sait tous très bien ce que l’on peut faire dans le noir !
Est-ce possible aussi dans l’eau ?
Oui, si on touche le fond
Et alors, la fin justifierait-elle les moyens ?
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H d'attente
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Était-ce confortable ?
Oui, je le pense, c’est sûr car cela parait très doux
Est-ce que les poils si doux poussent au printemps ?
Ils poussent énormément au printemps.
Si je comprends bien, c’est un peu comme le foin. Ou bien est-ce plutôt comme les asperges ?
Oui, comme les asperges, au printemps dans les fossés.
Vous avez déjà mangé des asperges sauvages ?
J’en mange tous les jours
Tout vient à point à qui sait attendre. Patience et longueur de temps font-elles l’attente plus acceptable ?
2 Un imposteur de génie nous fournit l’incipit (incipit de La vie devant soi d’ Emile AJAR - Romain GARY, 1975).
Chacun reçoit :
- des morceaux de phrases issues des vraies définitions des mots « imposteur » et « syndrome »
- 3 mots qui ont fait leur entrée dans le dictionnaire en 2026 ( résisteront-ils au temps ou bien se révéleront-ils être des imposteurs ?).
- 1 mot tiré du chapeau (chacun y a posé un mot issu de son enfance, parlé régional ou familial)
Il ne reste qu’à écrire en utilisant tous ces mots !
La première chose que je peux vous dire c’est qu’on habitait au sixième à pied et que pour Madame Rosa, avec tous ces kilos qu’elle portait sur elle et seulement deux jambes, c’était une vraie source de vie quotidienne, avec tous les soucis et les peines.
Elle arrivait chez nous tout essoufflée et nous racontait, haptique, ce qu’elle avait vécu en cours de route. Comme elle avait une imagination débordante, il fallait entendre ses paroles avec beaucoup de condescendance. Elle arrivait toute en sueur, ses habits chiffonnés, d’apparence parfois disparates mais formant une entité reconnaissable. « Je suis à la mode Igikai » lançait-elle tout en sortant de sa poche une bouteille de Magnac qu’elle portait goulument à sa bouche pour en boire une gorgée. Nous la recevions avec de grands sourires et des tapes dans le dos dans le but d’en tirer un profit matériel. Car, ainsi, elle s’appliquait à nous préparer un repas délicieux, un talent qu’elle possédait depuis sa plus tendre enfance. Anne
La première chose que je peux vous dire c’est qu’on habitait au sixième à pied et que pour Madame Rosa, avec tous ces kilos qu’elle portait sur elle et seulement deux jambes, c’était une vraie source de vie quotidienne, avec tous les soucis et les peines.
Une vraie dinguerie pour Madame Rosa. Le médecin qui l’a examinée la semaine dernière, le docteur Maidélé, lui a suggéré de noter tous les symptômes ou manifestations qui permettraient d’orienter son diagnostic. Cette pauvre Madame Rosa souffrait tellement qu’elle avait fini par monter les escaliers à reculons, 6 étages sur les fesses, vous vous rendez compte ! Elle utilisait le mot s’astruquer pour décrire l’état de ses fonds de culotte qui s’usaient au fil des jours. Elle ne cherchait pas à abuser autrui sur sa propre personne. Elle n’a jamais caché que son poids était un moyen de s’arrêter à chaque étage. Elle demandait aux résidents de lui offrir un mpox un peu corsé pour aborder l’étage suivant. Si bien qu’elle arrivait chez elle mpoxée sévèrement. Annie
La première chose que je peux vous dire c’est qu’on habitait au sixième à pied et que pour Madame Rosa, avec tous ces kilos qu’elle portait sur elle et seulement deux jambes, c’était une vraie source de vie quotidienne, avec tous les soucis et les peines.
Et tout ça pour feindre les apparences et refuser de donner une seule réponse aux questions existentielles de l’organisme. Mais bien que la vertu et la sagesse lui avaient permis de s’astruquer en toute innocence, elle préféra prendre le parti de l’agression de son voisin, Zaatar, et achever, de façon non spécifique, le glamping qu’il avait commencé à son insu. Et pour terminer, elle lui lança dans sa langue natale un rageux « braaf zijn ». Christian
La première chose que je peux vous dire c’est qu’on habitait au sixième à pied et que pour Madame Rosa, avec tous ces kilos qu’elle portait sur elle et seulement deux jambes, c’était une vraie source de vie quotidienne, avec tous les soucis et les peines.
Il faut dire que Madame Rosa n’était pas adepte de l’aplaventrisme. Et heureusement, car se kilos superflus ne lui aurait pas permis de se coucher, se relever, se rerecoucher, se rerelever, … Ces signes et ces comportements qui manifestent un état d’esprit de garde-à-vous permanent n’était pas du tout le genre de Madame Rosa. Au retour du parc de surcyclage où elle se rendait tous les matins, elle montait péniblement jusqu’au 6ème, mais toujours dans la bonne humeur, sans feindre les apparences de l’intégrité et d’un savoir qui n’était pas le sien. Pas question de longs discours sur la courbure des escaliers ou sur le confort du pas de marche. Elle chantait plutôt, et à tue-tête, des chansons grivoises où il est parfois question de s’astruquer le nouillon. Heureusement, jamais aux heures de grande écoute. Françoise
La première chose que je peux vous dire c’est qu’on habitait au sixième à pied et que pour Madame Rosa, avec tous ces kilos qu’elle portait sur elle et seulement deux jambes, c’était une vraie source de vie quotidienne, avec tous les soucis et les peines.
-La pauvre Madame Rosa car elle pouvait s’astruquer sans présager obligatoirement les causes de cette manifestation ; était-ce un aplaventrisme ?
-Mais non, on vous dit qu’elle avait tous ces kilos… donc, pas de ventre plat !
-Oh, espèce de Zaatar ! arrêtes de te moquer, qu’est-ce que tu veux ?
-Ah tu veux savoir ! C’est dans le but d’en tirer un profit moral !
-Quelle morale ? Cum vas escartefigues ! Martine
La première chose que je peux vous dire c’est qu’on habitait au sixième à pied et que pour Madame Rosa, avec tous ces kilos qu’elle portait sur elle et seulement deux jambes, c’était une vraie source de vie quotidienne, avec tous les soucis et les peines.
Pourtant, Madame Rosa était toujours de bonne humeur. Je l’ai bien connue ; parfois elle prenait le temps pour une petite discussion qu’elle terminait souvent avec kamatch. Parfois, mais pas souvent, elle me parlait de ses modifications fonctionnelles ou biochimiques de son organisme. Un jour, elle me demanda mon opinion sur le gravel et je lui ai donné un long exposé sur la pratique du vélo gravel. A mon tour, je lui demandais ce qu’elle pensait de la dinguerie. Sa réponse était claire et courte : des mensonges et des fausses promesses ! Quand, un lundi matin, je lui ai demandé si elle avait déjà commencé à s’astruquer, elle m’a regardé avec des grands yeux et elle ne m’a plus jamais adressé un mot. Paul
La première chose que je peux vous dire c’est qu’on habitait au sixième à pied et que pour Madame Rosa, avec tous ces kilos qu’elle portait sur elle et seulement deux jambes, c’était une vraie source de vie quotidienne, avec tous les soucis et les peines.
« Milesker » s’écria-t-elle lorsqu’elle vit la porte de son appartement ouverte. « Il est inutile de s’astruquer longtemps pour comprendre que quelqu’un a voulu se faire passer pour moi ! ». Je regardais Madame Rosa, puis le hall de l’appartement, quelqu’un avait manifestement réalisé un hypertrucage et une photo de Madame Rosa, en pied, avait été installée dans le couloir.
-J’en demeure haptique, me dit-elle.
-Ne vous en faites pas, ça doit être le concierge, notre voisine m’a raconté qu’il était très malade et qu’il créait des mises en scène lors de ses délires. Il souffre de troubles graves qui apparaissent au cours d l’évolution de la maladie.
Madame Rosa prit le portrait en pied et le cala au pied de l’immeuble avec un mot de remerciement pour le concierge. Régine
La première chose que je peux vous dire c’est qu’on habitait au sixième à pied et que pour Madame Rosa, avec tous ces kilos qu’elle portait sur elle et seulement deux jambes, c’était une vraie source de vie quotidienne, avec tous les soucis et les peines.
Elle décidé donc de consulter un médecin. Par chance, au rez- de-chaussée, se trouvait le cabinet du docteur Astruc, diplômé de l’université d’Ikigai, au Japon. Il l’ausculta, pris son pouls, sa tension, puis demanda de dire 33. Puis, la lorgnant par-dessus ses lunettes, il lui dit d’un ton péremptoire, l’index levé comme un prophète : « Mama Rosa, force est de constater que vous êtes de constitution traditionnelle, ce qui, au Congo, est signe de bonne santé et réussite sociale, étant donné la famine qui rend les pauvres faméliques et souffreteux. Mais, il ne faut pas s’y fier ! Ici, sur le Plateau de Sault, votre constitution est un ensemble de signes, de symptômes, de modifications morphologiques, oserais-je dire, propice à la crise cardiaque. Vous allez donc grimper sur votre véloroute et pédaler par monts et par vaux jusqu’à ce que vous puissiez retrouver la forme et grimper les 6 étages jusqu’à chez vous sans être essoufflée.
-Saperlipopette ! s’écria Madame Rosa, ce docteur n’est pas un tendre.
Elle s’astruqua donc à cet exercice quotidien sachant que celui qui trompe et qui abuse autrui n’avait pas gain de cause ici, elle n’avait pas le choix. Valérie
Un imposteur dans le paysage !
Pour commencer, chacun va écrire, sur des papiers différents :
- Ce qu’il fait régulièrement et qu’il sait qu’il fait bien
- Ce qu’il fait régulièrement, mais qu’il sait qu’il ne fait pas bien
- Ce qu’il aimerait savoir, pouvoir faire
Par la magie des échanges chacun se retrouve avec 3 phrases, mais aucune n’est de sa plume. Une servira d’incipit, une sera dans le texte et une servira de finale.
En cours d’écriture, des mots seront tirés du chapeau , il faut les intégrer aussitôt dans le texte
Enfin, il est évidemment question de personnages et de paysages qui se retrouvent assemblés par un total hasard. Il ne reste qu’à écrire…
Je nage plusieurs fois par semaine quelques kilomètres dans les canaux de cette belle ville de Delft située en Hollande. J’y rencontre mon ami, Monsieur Haurerden, un gentleman toujours tiré à 4 épingles, qui m’accueille dans l’atelier de barattage de son père. Il est bizarre Monsieur Haurerden, il se cache derrière un masque en forme de pomme. Il me fixe de ses yeux noirs et le soir, il me met sous hypnose, si bien que je m’endors entre minuit et deux heures. Pendant ce temps, il déambule la nuit le long des quais, à la lueur de la lune. Le lendemain, il me réveille et nous prenons notre petit-déjeuner ensemble. Le génie naturel de mon ami se manifeste alors. Il me fait part de toutes ses connaissances concernant la musique et la littérature. Je n’en sais pas autant que lui, alors mon esprit farceur prend le dessus. Je lui raconte des blagues, il esquisse un sourire en coin, apparemment les blagues ce n’est pas son truc. Il se lève et me prie de l’accompagner en ville. Nous longeons la courbe de la muraille médiévale. La lumière qui philtre à travers les nuages donne une atmosphère diaphane à la ville. Mon compagnon me raconte se prouesses de super-héros. Nous montons sur le plus haut clocher et, là, Monsieur Haurerden déploie un parachute et il saute tout en me lançant « je suis un intrus, je vais aller perturber un autre tableau »… et il se volatilise ! Je reste seul, avec mes rêves. Anne
Je fais assez bien la vaisselle chaque matin. Quelque fois, je suis quand même tenté de tout jeter dans la première vague car cette vaisselle chaque matin est très conséquente. Difficile d’éliminer le gras du beurre baratté dont j’ai enduit mes rôtis, jambons, cochons de lait et autres mets confits. En fait, j’adore manger et faire la cuisine, d’ailleurs je ne pense qu’à ça, le tout arrosé du vin de mon tonneau dont je ne me sépare jamais. Alors, vous comprenez, la vaisselle énorme me pèse, même si je la fais assez bien. J’ai la chance de vivre au bord de la mer et surfer sur la grande vague, sur mon tonneau, fait partie de mon génie naturel. Ce n’est pas une farce. Je m’échappe ainsi, car je fais mal le ménage et je file comme le vent en faisant une grande courbe en espérant que ma compagne aura nettoyé notre demeure pendant ce temps. C’est clair, je ne suis pas un super-héros. En fait, mon rêve ce serait de savoir écrire de belles histoires. Annie
J’ouvre bien les boîtes de conserves, et c’est avec une grande fierté que j’ai décidé d’exporter ce savoir-faire dans des pays lointain. Il faut vous dire aussi que je m’occupe très mal des papiers et de la comptabilité. Ceci expliquant cela, j’ai donc laissé tomber toute paperasse et je m’en suis allé baratter au pays des Touaregs. Et là, ma longue chevelure aidant, je suis arrivée comme dans un mirage dans un paysage de dunes où, curieusement, un bateau de pêcheurs glissait dans la brume et débarquait des tas et des tas de sardines dont, malgré mon génie naturel, j’avais du mal à comprendre la finalité. Mais bon sang, c’est bien sûr, et sans vouloir être farceur, c’est dans mes boîtes de conserves qu’elles sont destinées à terminer leur périple. D’ailleurs, les Touaregs qui regardaient le spectacle du haut de leurs chameaux, bien installés entre la courbe de leurs deux bosses, me le confirmèrent. C’est ainsi que, sans vraiment le vouloir, comme je l’avais rêvé si souvent, j’ai pu résoudre cette enquête étonnante. Christian
« Je fais du bricolage, je répare ma scelle moi-même et j’en suis fière » répétait Donald, tous les matins, à son fidèle canasson. Mais la vie de cow-boy solitaire dans les grands espaces, à ne parler qu’à sa monture, lui pesait de plus en plus. Aussi, un jour de déprime, son regard fut attiré par cette annonce dans le journal : « veuve encore jolie, prénommée Marie-Eugénie, cherche homme bien soigné de sa personne, qui baratte mieux qu’il ne baratine, pour se reposer sur son épaule. Il devra être un père attentif pour ma petite fille âgée de 6 ans ».
Le cœur de Donald fut interpellé. Il se vit chevauchant avec Marie-Eugénie au milieu des canyons, des déserts et des cactus. Alors, ni une ni deux, il ne voulut pas laisser passer sa chance et répondit à Marie-Eugénie. Il lui ouvrit son cœur et cru même bon de lui avouer qu’il nettoyait très mal la voiture. Le soir même, il embarquait sur un transatlantique. Le fidèle canasson trouva un peu de paille dans la cale et Donald entama la longue traversée. Son génie naturel pour le bonheur simple à tout prix lui fit imaginer un avenir radieux auprès de Marie-Eugénie. Après 33 jours de navigation, il retrouva son canasson amaigri par le voyage. La traversée de Cherbourg, puis de Paris, lui parut comme une farce. Il se sentait un chouia hors de son élément. Mais quand, enfin, il découvrit Marie-Eugénie et sa fille déambulant dans un champ de coquelicots, il su qu’il avait fait le bon choix. Et ce ne sont pas uniquement les courbes affolantes de Marie-Eugénie qui le mirent en joie. Le joli minois de la petite lui donna la motivation de devenir son super héros. Pour ses deux femmes françaises Donald était près à jouer de n’importe quel instrument… du moment qu’elles ne l’obligeaient pas à nettoyer la voiture ! Françoise
« Je fais bien la cuisine » dit-elle en lisant son livre culinaire à son amie. Son amie, installée langoureusement, l’écoute à peine, préférant être à l’écoute de ses animaux qu’elle a dressés, et en attendant que le joueur de flute puisse baratter leur repas. Celui-ci lui rappelle :
-Ma muse, je suis le bricoleur le plus maladroit du Plateau. Et si je le renverse (le plateau) vous allez m’obliger à écouter cette jeune-femme décrivant une recette et qui se vantera de bien faire la cuisine ! Si cela continue, mon éléphant, qui a un génie naturel, me conduira sur son dos visiter les temples d’Angkor.
-Quel farceur, cher musicien, grâce à vos jambes courbes, vous serez un super-héros sur le dos de votre éléphant. Et moi, avec mes belles courbes, je vous enlacerai et vous suivrai dans la jungle cambodgienne ! Martine
Je réussi toujours bien à remettre à demain ce que j’aurais dû faire aujourd’hui, comme un vrai ange. Mais aujourd’hui je descends dans ce quartier animé, coloré et bruyant. Je range les différents papiers et revues et je me prépare à baratter comme un génie naturel. Pour moi, qui viens d’un autre monde où tout est paisible, ce terrain me semble très mondain et donc, j’aurai du boulot . La vie nocturne, nous on ne connaît pas au ciel. Le monde avec toutes ses tentations… non ! J’aimerais mieux aller bivouaquer en montagne, à la belle étoile, avec un vrai farceur qui aime mes courbes, lui, mon super-héros. Paul
« J’aime faire du pain et je le fais bien » dit le meunier en descendant de sa maison. Il contourna le phare et c’est là qu’il rencontra Camille et son chien qui jouaient dans les champs. Camille lui proposa de l’accompagner vers la boulangerie. Ils cheminèrent un bon moment et Camille lui demanda comment elle pouvait l’aider. Le meunier lui dit « viens, je vais t’apprendre à baratter ». Et elle se mit au travail. Le meunier lui avoua qu’il avait du mal à ranger ses papiers et à les organiser. Alors, Camille lui proposa de l’aider à gérer la boulangerie. Son chien Filou réclama à manger et Camille s’aperçut qu’il était déjà bien tard. Le boulanger donna une gamelle à Filou et Camille expliqua qu’elle devait rentrer. En effet, elle arrivait de loin et elle savait bien qu’il lui faudrait raconter à son père, qui était peintre, qu’elle avait sauté dans un tableau. Son père savait bien qu’elle avait cette manière de faire depuis toute petite ; elle avait ce génie naturel pour se glisser entre les peintures et pouvait aller y vivre une autre vie. Elle remercia le boulanger qui lui donna une multitude de viennoiseries à mettre dans ses poches. En sortant, elle aperçut, au coin de la boutique, un instrument magnifique. Elle resta en arrêt devant le bois de ce violon et le boulanger, ému par son regard, lui en fit cadeau. « Merci » dit-elle, « j’ai toujours eu envie de jouer du violon ». Il lui lança un coup d’œil farceur et rentra dans sa boutique, se demandant s’il avait rêvé ou si cette petite Camille n’était pas en fait une super-héroïne… Régine
Je lis des histoires aux enfants avec toujours des petites mises en scène. J’avais donc rempli une grande bassine d’eau et demandé aux enfants de réaliser des tas de petits bateaux en origami. Des boîtes de conserves représentaient les bâtiments et le tout constituait une scène à Venise. Soudain, le plus turbulent des enfants se mit à baratter l’eau de la bassine, créant un tsunami parmi les embarcations qui tentaient de surnager. Nous entamâmes en chœur : « il était un petit navire, il était un petit navire, qui n’avait ja-ja-jamais navigué ohé ohé ! » pendant que les bateaux coulaient les uns après les autres dans de grandes éclaboussures courbes. Le salon était un vrai chantier, inondé par la tempête que nous avions provoquée. Il faut dire que je ne suis pas forte en nettoyage et que le génie naturel de la ménagère n’est pas de mes principales qualités. Lorsque mon mari arriva, il poussa des cris d’orfraie à la vue du dégât des eaux, tandis que nous continuions à chanter « qui n’avait ja-ja-jamais navigué ». J’aurais aimé être un chanteur…farceur ! Valérie























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