départ matinal de Quirbajou pour 9 randonneurs sur-motivés, accompagnés de leur photographe
quelques grimpettes, sentiers bucoliques et panoramas époustouflants plus tard,
1ère pause littéraire.
Née en 1952 d'un père algérien et d'une mère italienne, Jeanne Benameur vit une double culture qui devient triple lors de son installation en France.
Professeur de littérature, de chants, d'art dramatique, elle s'intéresse à la jeunesse et particulièrement aux enfants dits en difficulté.
Elle écrit beaucoup et obtient de nombreux prix littéraires.
Le roman Les Demeurées paraît en 2000.
L'histoire de trois femmes: LA demeurée, sa fille Luce et Solange l'institutrice. Un couple mère-fille au-delà du fusionnel. Une institutrice qui veut bien faire mais une séparation impossible, une déchirure qui empêche l'apprentissage. Une histoire d'enfermement dans la demeure familiale et dans un état de "demeurée". Mais des mots qui s'inscrivent et font leur chemin. Grâce à un jeu de fil, de couleurs et d'aiguille, la petite Luce va faire entrer les mots et les rêves dans sa pensée.
Un roman bien court pour faire passer autant de sensibilité...
![]() |
"Empaquetée dans l'étouffement de ce qu'elle ne peut pas nommer, elle est demeurée" J.Benameur |
tout comme fut sensible la présentation de Françoise F.
retour sur les sentiers à travers buis et rochers pour atteindre un lieu druidique
et y découvrir ou redécouvrir un auteur dit "Classique" mais si contemporain, grâce à Catherine et aux chagrins d'amour
Nathalie AZOULAI, l'auteure, est née en 1966 et a publié 5 romans avant celui-ci, sorti en 2015.
Bérénice, jeune-femme contemporaine, est quittée par son amant Titus, qui va rejoindre son épouse Roma. Une détresse qui plonge la narratrice dans l’œuvre et la vie de Racine, un homme qui 345 ans plus tôt avait si bien su pénétrer au cœur des tourments amoureux. En cherchant à comprendre comment un bourgeois ambitieux a pu écrire des vers si justes et si puissants sur la passion amoureuse et surtout d'un point de vue féminin, la narratrice espère comprendre pourquoi Titus l'a quittée.
Ni une biographie, ni un roman historique, mais un livre génial qui donne envie d'en savoir encore plus sur Racine, une fois la dernière page tournée.
"Racine, c'est le super-marché du chagrin d'amour" N.Azoulai |
pour prendre connaissance de la lecture très fouillée qu'a présentée Catherine, allez à la fin de cette page et cliquez sur "plus d'infos"

l'occasion pour Françoise M. de raconter un épisode de la vie de sa famille.
Un retour en arrière dans la nuit du 9 au 10 mai 1940, au-dessus des forts répartis le long de la Meuse à hauteur de Liège. Grâce à des planeurs, les Allemands survolent les lignes de défense, et c'est la stupeur parmi les hommes chargés de défendre la frontière.
Le grand-père de Françoise en fait partie. Devant la supériorité militaire allemande, l'ordre est donné à l'armée belge de se replier vers la France d'où on espère des renforts. Ce sont 225 000 hommes qui vont embarquer dans des trains pour le sud de la France, plus précisément pour la Haute Garonne, le Tarn, le Gard, l'Hérault et l'Aude. Et le 5 juin au soir, 1200 soldats principalement originaires de Liège, débarquent à la gare de Quillan sans aucune intendance. Mathieu, le grand-père, en fait partie. Officier, il est accueilli chez l'habitant. Les non-gradés sont logés dans des baraquements en bois qui avaient été montés pour les réfugiés espagnols, à l'emplacement actuel du collège. Durant les mois de juin et de mai arrivent également en masse des réfugiés civils. En septembre 1940, le préfet estimait à 16300 le nombre de Belges et Néerlandais accueillis dans l'Aude, en plus des soldats. De nombreux liens durables d'amitié vont se nouer entre réfugiés belges et familles quillanaises.
Dans les bâtiments près du collège, ce sont actuellement une vingtaine de réfugiés venus du Soudan, d'Afghanistan qui sont accueillis...
si vous voulez lire l'entièreté du travail consacré à cet épisode de 1940, allez en fin de page.
à découvert puis sous le tunnel de buis, la balade se poursuit jusqu'à la pause pique-nique.
En guise d'apéro, Françoise M. présente le 1er volume d'une pentalogie japonaise, lu la veille.
Née
en 1966 au Japon, Aki Shimazaki émigre au Canada en 1981. Elle
écrit, en français, Le poids des secrets, entre 1999 et
2005.
Dans
les années 1990, une femme japonaise meurt dans un pays lointain.
Elle laisse une lettre à sa fille, un lourd secret de famille y est
dévoilé. Une histoire qui débute durant la guerre à Nagasaki.
Le
9 août 1945, une bombe au plutonium... Dans chacune des 5 parties
de la pentalogie, le point de vue d'un personnage qui a eu à
souffrir du secret et de la bombe.
Une
première partie magnifique qui donne juste envie de lire les autres.
Une écriture qui va à l'essentiel.
- Parce qu'ils n'en avaient que deux à ce moment-là, dit-elle franchement."
retour sous le soleil, changement de versant pour une vue plongeante sur Quirbajou
et recherche de l'ombre pour une 4ème pause littéraire

Michel
Floquet, journaliste français pour TF1, LCI, FR3, a été
correspondant aux USA de 2011 à 2016.
Dans
Triste Amérique, il retrace l'histoire du pays en 15 chapitres,
depuis l'arrivée des colons jusqu'à Donald et Hilary.
Le
double génocide des Indiens et des bisons. Une histoire de salades
californiennes qui ont asséché un pays entier mais aussi fait disparaître le Colorado mexicain.... Des exemples de violence
et de destruction à n'en plus finir.
« Les colons ont mis le pays en coupe réglée, importé une main d’œuvre gratuite, les esclaves, et éliminé, à l'issue d'un génocide, les autochtones. Sur ces trois crimes ils ont bâti le pays le plus riche du monde »
« L'Amérique a une chance inouïe, nous ne voulons pas la voir comme elle est »
en fin de page, les dates et chiffres éloquents de la conquête de l'Amérique relevés par Hubert.
La grande descente est amorcée,
Quirbajou est en vue
Et, tout comme l'appel de l'herbe verte pour les vaches qui montent aux estives, nous c'est l'appel du goûter qui nous fait avancer.
pour déroger à la tradition, ce sont à des recettes de desserts que se sont essayés les participants et non à des apéros.
gâteries très amplement méritées pour une journée à refaire !
et pour en savoir plus sur Titus n'aimait pas Bérénice, Triste Amérique, le grand-père belge
Balade
littéraire à Quirbajou, 19 juillet 2016
-
Titus n’aimait pas Bérénice, Nathalie Azoulai -
Parce qu’il invite à aller au-delà de l’histoire qui y est
racontée. Il ouvre, en l’occurrence, la porte sur la vie de Racine et le
théâtre.
Et plus particulièrement :
·
Une très belle écriture, pas seulement à cause des
citations de Racine
·
Pour ceux qui aiment le théâtre, les particularités du
langage racinien sont clairement expliquées et la recherche de Racine sur sa
vision du théâtre et du jeu de scène est vécue en direct. C’est un livre qui
donne envie de lire ou relire les pièces de Racine.
·
Pour ceux qui aiment l’histoire, on y découvre une vie
méconnue
·
Et c’est un roman très bien construit
L’auteur
Nathalie Azoulai, née en 1966, agrégée de lettres modernes. Elle enseigne quelque temps puis se tourne vers l’édition et, plus tard, la rédaction de scénarios ainsi que l’animation d’ateliers d’écriture. Un sujet qui la passionne depuis toujours : la direction d’acteurs, telle que l’ont pratiquée Louis Jouvet, Antoine Vitez ou Patrice Chéreau.
Ecrits plutôt autobiographiques :
Aussi : Les Manifestations, 2005 et Mad Men, un art de vivre
(essai), https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ditions_La_Martini%C3%A8re2011
Puis,
préfigurant un sujet sur le théâtre : Une
ardeur insensée, en 2009, l’histoire d’une pharmacienne qui se met à
suivre des cours de théâtre et qui entreprend de jouer Phèdre.
- Titus n'aimait pas Bérénice, https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ditions_P.O.L2015 – prix Médicis 2015, finaliste prix Goncourt, Goncourt des lycéens, Femina
L’œuvre,
résumé
L’histoire de Bérénice, une femme
d’aujourd’hui, que son amant Titus, qui l’a tant aimée, quitte brutalement car
il ne peut laisser Roma, son épouse légitime qu'il n'aime plus depuis longtemps.
·
C’est donc
l’histoire d’une épreuve de chagrin et d’abandon où l’œuvre de Racine va servir
de consolation à Bérénice.
·
Ce n’est ni
un roman historique ni une biographie, on pourrait se dire que l’auteur a
choisi d’appeler la narratrice Bérénice, son amant Titus, son amoureux
Antiochus et sa rivale Roma pour prendre le prétexte de raconter la vie de
Racine
CITATION : Devant ses yeux, sur
le mur du palier, elle avise une grande photo de Titus, Roma, les enfants. Elle
se fige. Que le diable emporte les familles et leurs trophées, pense-t-elle, ce
soleil, ces sourires, cette jovialité triomphale. Plus
que tout, au-delà de tout, elle a voulu valoir plus que la famille de Titus,
plus que six personnes réunies, plus que leurs années réunies, être cette
devise providentielle qui dévaluerait instantanément toutes les autres, et au
nom de laquelle un homme braderait son empire.
L’auteur a voulu montrer ce que
peuvent avoir de contemporain les drames amoureux de Racine, elle a construit
une résonnance entre une narratrice touchée par un chagrin d’amour et un auteur
qui a écrit sur des héroïnes touchées par des chagrins d’amour.
La plainte
Au cours de cette épreuve, elle s’épanche auprès de ses amis
et un jour, un vers de Racine surgit dans la conversation : CITATION
« Dans l’Orient désert, quel devint mon ennui ! » Antiochus avouant la constance de sa
flamme à Bérénice, lorsqu’elle eut quitté la Palestine avec Titus et que lui y
était resté.
Questionnement
Quand on
parle d’amour en France, Racine arrive toujours dans la conversation, à un
moment ou à un autre, surtout quand il est question de chagrin, d’abandon. On
ne cite pas Corneille, on cite Racine. Les gens déclament ses vers même sans
les comprendre pour vous signifier une empathie, une émotion commune, une
langue qui vous rapproche.
·
Immersion
au pays de Racine, lecture de ses 12 pièces
CITATIONS
o Quand
elle cite Racine, elle est soudain une amoureuse de France, qui connait son
répertoire, le déclame, récite les vers dans son lit le soir en pleurant, la
nuit, le jour, dès l'aube, comme des milliers de femmes françaises pourraient
le faire avec elle.
o Elle
trouve toujours un vers qui épouse le contour de ses humeurs, la colère, la
déréliction, la catatonie...Racine, c'est le supermarché du chagrin d'amour,
lance-t-elle pour contrebalancer le sérieux que ses citations provoquent quand
elle les jette dans la conversation.
o
Grâce à Racine, elle en
arrive à se passer de confidents. De toute façon, y a-t-il vraiment quelqu’un
pour recueillir ce filet d’eau tiède qu’est le chagrin quotidien ? Ses proches
se sont usés. Elle-même autrefois, quand elle tenait lieu de confidente aux
autres, ne pouvait s’empêcher de penser que le récit du chagrin est aussi
ennuyeux que le récit du rêve, que rien ne vous concerne moins
·
Puis cette
question :
comment cet auteur élevé dans le rigorisme janséniste, pétri de convenances,
bourgeois, ambitieux social, qui, apparemment, n’a rien pour connaître la
souffrance amoureuse a écrit des vers aussi justes et puissants sur la passion
amoureuse, principalement du point de vue féminin, en particulier Bérénice, Phèdre ?
CITATION
Si elle comprend comment ce bourgeois de province a pu écrire des vers
aussi poignants sur l'amour des femmes, alors elle comprendra pourquoi Titus
l'a quittée.
·
Elle se
lance dans une enquête sur Racine, dont la vie est méconnue, « réduite » à sa
période décente. Il ne reste que peu d’écrits de Racine, quelques lettres à son
fils, à son ami Boileau, les préfaces de ses pièces mais rien qui relate ses
tiraillements intimes. Ce qui permet à l’auteur de prendre certaines libertés
pour pouvoir raconter une histoire qui n’existe nulle part.
L’essentiel
du roman va suivre les pas de Racine (1639 – 1699)
dont la vie peut être résumée en 3 grandes phases :
piété, théâtre/vie dissolue, retour à la piété
·
l’enfance à
Port-Royal :
il y reste jusqu’à 16 ans
o
orphelin
très jeune (sa mère meurt en 1641, son père en 1643), il est recueilli par ses
grands-parents paternels qui l’envoient rapidement aux petites écoles de Port
Royal. Puis pupille de son riche et puissant grand-père maternel après la mort
du grand-père paternel en 1649.
o
un enseignement aux méthodes
novatrices :
études des auteurs grecs et latins mais aussi, traduction et pratique de
l’écriture
CITATIONS
§ Jean
récite, déclame comme on respire. Devant lui, l'espace s'élargit, l'air devient
plus piquant, plus boisé. Le maître n'ose pas dire que les récitations de Jean
sont différentes des autres mais quand il l'écoute, il est comme happé par un
vent de coton.
§ …
Jean se contente de glisser à l'oreille de Lancelot qu'une langue vraiment
morte ne leur causerait ni tant de mal ni tant de dissensions.
C'est tout le contraire, c'est parce que le français est vivant qu'il dépose au pied du latin toutes ces possibilités. Ne l'oubliez jamais. Prenez au latin ce que bon vous semble, ne soyez jamais pétrifié, puisez, servez-vous.
Cette idée réjouit Jean. Il aime que les langues se parlent en sous-main, qu'elles tissent des dialogues impalpables, invisibles à l'oeil qui ne les traduit pas. Qu'on ne distingue plus les affluents du fleuve principal. Plus que tout, il aime ce vent d'irrévérence que le maître fait souffler dans la classe.
C'est tout le contraire, c'est parce que le français est vivant qu'il dépose au pied du latin toutes ces possibilités. Ne l'oubliez jamais. Prenez au latin ce que bon vous semble, ne soyez jamais pétrifié, puisez, servez-vous.
Cette idée réjouit Jean. Il aime que les langues se parlent en sous-main, qu'elles tissent des dialogues impalpables, invisibles à l'oeil qui ne les traduit pas. Qu'on ne distingue plus les affluents du fleuve principal. Plus que tout, il aime ce vent d'irrévérence que le maître fait souffler dans la classe.
§ Le
français montre ses articulations comme un chien ses dents, exhibe un squelette
aux os noueux tandis que le latin dissimule ses jointures. Et dans ses
ellipses, le sens pousse, afflue comme des odeurs s’exhalent de la terre
humide.
§ C'est
ce qu'il aime dans la langue française et que les autres n'ont pas, ce lit de
voyelles rocailleuses que les hiatus révèlent dans les vers comme l'été dans le
fond des rivières. ... Il aime cette espèce de froideur qui la glace et la fait
entrer dans une mer gelée sans trembler. Il comprend en la regardant que s'il
compose des vers c'est certes pour être le plus grand poète de France, mais
aussi pour capter cela, le son d'une conscience qui s'exprime à haute voix.
Pleine, libre, parfois glaçante.
o
dans
le cadre janséniste, tout en rigueur et refus de plaisirs terriens : on y enseigne ce qu’on interdit. Exemple,
l’abandon de Didon par Enée (Chant IV d'Énéide) qui peut-être a conditionné son goût du tragique et
sa vision, très féminine, de l'amour …) est
étudié mais interdiction de le lire. L’amour et la poésie sont rejetés bien
qu’étudiés par le biais des traductions.
CITATION …Sans
doute avait-il senti très tôt que la plainte de Didon recevait en lui un écho
favorable, jumeau, qu'il était profondément de son côté…. Ecrire
la tragédie de l'amour trahi, la tristesse pure de l'abandon, la suffocation,
n'écrire que cela, cinq actes durant, oui, se dit Jean, rien d'autre que cette
suffocation, et ainsi dépasser Virgile.
·
le théâtre
et la vie mondaine de Paris et Versailles
o
la rivalité avec Corneille (et Molière),
o
il finira par rentrer à l’Académie.
o
l’ambition
du succès : amant des meilleures actrices du temps (a vécu avec 2
comédiennes, en symbiose théâtrale, elles ont su personnifier ses personnages
mais ce ne sont pas elles qui les ont inspirés (Bérénice, Phèdre)),
CITATION Il y aura dans sa voix la
douceur d'un rayon de miel minuscule, éphémère, fragile, et tout autour, les
terres vastes et désolées de l'abandon.
o
et
l’ambition tout court d’être remarqué par le roi, son « jumeau » (ils
ont un an d’écart). courtisan intriguant, épris d'un monarque dont il se croit
le double. (Lui a le pouvoir politique, moi le pouvoir artistique.)
CITATIONS
o
Comment parler de la gloire
sans être du côté des ambitieux et des vaniteux? Comment expliquer cette
exaltation à l'idée qu'un jour, il ne soit plus seulement un homme mais un nom?
Un nom vaste comme une nation. Comme Homére, comme Virgile.
o
Il n'a qu'une ambition, celle
de composer des vers qui plaisent et qui restent. A l'idée de naissance ou de
providence, il doit résolument substituer celle de carrière. Le verbe plaire
entre dans son vocabulaire.
o
Il
aura écrit 10 pièces en 13 ans (Corneille 33 pièces, idem Molière)
·
Le retour à
la foi
o
Puis,
à 38 ans, en 1677, après la « cabale » de Phèdre, il « se
range ». Il arrête le théâtre (les 2 pièces qu’il écrit lors de cette
période sont commandées par Mme de Maintenon), se marie, a 7 enfants. Père de
famille scrupuleux et chrétien torturé par son renoncement à l'austère foi
d'antan il devient historiographe du Roi, auquel il se consacre entièrement. A
eux deux, ils couvrent tout le royaume : Louis XIV fait la guerre, Racine
la raconte…
CITATION Entre le roi et lui, les rôles sont répartis.
A lui les ombres et les chimères, au roi les soldats, les chevaux, les canons.
·
Donc 3
séquences de vie contrastée, un être écartelé, traversé par des souffrances et des culpabilités, ce
qui expliquerait son talent poétique et sa capacité d’émotions
CITATION A vingt kilomètres du château de Versailles se trouve un vallon.
Cent marches y creusent le sol jusqu'en son point le plus bas, l'abbaye de
port-royal. Sur les contreforts,
autrefois, une grange, une ferme, quelques boules de bis, un verger, des arbres
immenses. Au plus grand
faste français de tous les temps, le vallon oppose son calme, son dénuement, un
sentiment de réclusion aussi salutaire que celui d'un refuge. Elle émet une
hypothèse: toute la vie de Racine se tient dans l’écartèlement que provoquent
en lui ses deux lieux.
Le théâtre
de Racine : un auteur de l’amour
·
Dans
ses tragédies grande part
à l’amour, aux
conflits exacerbés des sentiments, aux obstacles dans l’amour. Corneille, ce
sont les batailles les duels.
o
Phèdre :
le paroxysme dans la violence et les conflits des sentiments, l’inceste
CITATIONS
§
C'est un succès et une
surenchère de calomnies… Personne ne voit qu'il a
tissé ensemble culpabilité et innocence pour qu'au sommet du péché son héroïne
ait une chance de salut. Ce sentiment qu'il a eu de gravir une montagne en
poussant l'antithèse jusqu'au bout, en faisant de sa Phèdre le plus ardent des
oxymores, il est seul à le concevoir et à l'éprouver dans cette débâcle, cette
fatigue qui l'ensevelit. Partout on encense ses vers, mais on blâme son goût du
vice, de l'inceste et du mensonge
§
Et son héroïne sera grecque.
Les Grecques sont mieux reliées aux dieux, sans compter qu'elles disposent du Minotaure, de l'espace fou du labyrinthe où les âmes se perdent et s'entortillent à leurs démons.
Les Grecques sont mieux reliées aux dieux, sans compter qu'elles disposent du Minotaure, de l'espace fou du labyrinthe où les âmes se perdent et s'entortillent à leurs démons.
§
Ni avec Hermione ni avec
Junie il n'avait été jusque-là, mais cette fois, c'est là qu'il veut entailler
la créature, à l'endroit le plus tendre de sa chair, là où elle aime, où elle
croyait être aimée et où elle est lâchée. Et il veut qu'on entende les échos de
cette chute interminable, le son caverneux du vide entrelacé à celui de
l'appel.
§
Il sait que dans son théâtre
infusent désormais ses lectures, ses modèles, ses ambitions mais surtout de la chair,
de la vraie chair humaine, blessée, comblée, impatiente.
·
Héritage de
son éducation janséniste
o
le
langage racinien: économe, singulier : au-delà de la musique des
alexandrins, une grammaire souvent malmenée
CITATIONS
§
Mais au-delà de ces
tautologies de salon, Jean éprouve d'autres sensations lorsqu'il compose;
parfois entre les paquets de vers galants qui lui viennent ensemble, la
mécanique ralentit et laisse arriver un alexandrin plus singulier, plus libre,
tête nue dans le vent.
Mon âme loin de vous languira solitaire.
Mon âme loin de vous languira solitaire.
§
Ce que je veux c'est qu'au
fond de mon français palpitent toutes les langues antérieures, toutes les
autres musiques, qu'il soit une synthèse parfaite, une langue pleine et unique.
o
Une intrigue ramenée à l’essentiel
CITATION Des tragédies sur presque rien pour qu'on écoute chaque tirade
comme la seule, la dernière, et qu'à son théâtre on soit comme à la messe ou
devant un condamné à mort, nu sous le ciel.
§
Préface de Bérénice : Ce n'est point une
nécessité qu'il y ait du sang et des morts dans une tragédie ; il suffit que
l'action en soit grande, que les acteurs en soient héroïques, que les passions
y soient excitées, et que tout s'y ressente de cette tristesse majestueuse qui
fait tout le plaisir de la tragédie.
§
Dans Bérénice : La tragédie naît de
l’affrontement de deux impératifs inconciliables. Titus ne peut mettre en danger sa mission à la
tête de Rome au nom de la passion qui l’unit à Bérénice. La pièce aurait pu
procéder par revirements et coups de théâtre pour unir puis éloigner
successivement les deux personnages. Racine
choisit au contraire de supprimer tous les événements (historiques) qui
pourraient faire de l’ombre à l’unique action du drame : l’annonce, par
Titus, du choix qu’il a fait de quitter Bérénice, et ce durant 5 actes.
o
strict respect des 3 règles du
théâtre classique : unités de lieu de temps et d’action et un décor extrêmement dépouillé (pour
Phèdre, 1 tabouret)
VOIR : Phèdre de Patrice Chéreau et Dominique Blanc
https://www.youtube.com/watch?v=tVojvGK7wHM
Triste Amérique
Wounded Knee :
Point final de la
conquête de l'Ouest : 29 décembre 1880. 350 tués, dont 100
hommes, bien que le drapeau blanc ait été hissé par Big Foot.
Les Indiens ne sont plus que 300 000.
Au moment du
débarquement des premiers colons au début du XVII siècle (1607 en
Virginie, le Mayflower 1620 à Cap
Cod – Massachusetts), les Indiens sont 10 millions en
Amérique du nord. Ils ont aidé les colons (cf. Thanksgiving day
nov. 1621, remerciement aux Indiens qui s'est transformé en
remerciement à Dieu qui a donné ses bienfaits aux « pères
pèlerins »). Les « pères pèlerins »
calvinistes, ont fui l'Angleterre et sa religion anglicane dirigée
par le Roi, autorité qu'ils ne reconnaissent pas plus que celle du
pape ; ils sont à l'origine de la création de multiples
églises chrétiennes protestantes qui ne reconnaissent que
l'autorité de la Bible, églises dans lesquelles Dieu donne à ses
fidèles les richesses du Monde...
1755 : 1
million de colons
1790 : 4
millions
1830 : 13
millions
1890 : 63
millions
Les Indiens de plus
en plus acculés au Mississippi, et l'ont traversé dès le début du
XIX siècle.
1830 : Indian
Removal Act : déportation des Indiens dans le « désert »
des grandes plaines.
1848 :
migrations vers l'ouest des mormons persécutés par les luthériens
bien pensants (des dizaines de milliers de colons avec leurs
chariots, ça commence à se voir…) et en même temps la ruée vers
l'or. Les indiens gênent, c'est le début du vrai génocide, il ne
prendra que 40 ans. Et il atteindra son acmé après la fin de la
guerre de Sécession (1861-1865).
Sans questions et
sans scrupules, on est loin de Charles Quint et de la Controverse de
Valladolid en 1542 …
Le mode d'action :
tuer les bisons, incendier les grandes plaines, inoculer la variole,
faire donner l'armée. La main d’œuvre est nombreuse et peu chère
après la fin de la guerre de Sécession…
1924 :
attribution de la citoyenneté américaine aux Indiens, à ceux qui
restent…
Alexis de
Tocqueville (1832) : « Au milieu de cette société si
policée, si prude, si pédante de moralité et de vertu, on
rencontre une insensibilité complète, une sorte d'égoïsme froid
et implacable lorsqu'il s'agit des indigènes ».
Le système éducatif
américain aujourd'hui entretien une ignorance totale de cette
histoire.
Création du premier
et seul musée indien à Washington : 2004…
Misère des
réserves...
L'aide
aux personnes persécutées et pourchassées en France
pendant
la seconde guerre mondiale : une forme de résistance.
Ce
travail a été réalisé par Margot MORISOT (4èm Collège Bousquié
à Quillan) et Arthur MORISOT (1ère Lycée Ruffié à Limoux), en
2008,
dans le cadre du Concours
National de la Résistance et de la Déportation.
pour que le texte soit vraiment lisible, il vous faudra cliquer sur chaque page
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