Textes choisis et lus par Dominique SCHWOB, respirations musicales par Pierre SCHWOB et son violon.
Beata UMUBEYEYI MAIRESSE
Née en 1979 au Rwanda, de père polonais et de mère tutsi. Survivante du génocide des tutsis qui dura du 7 avril 1994 au 17 juillet 1994 en faisant un million de morts. Elle est arrivée en France en 1994.
Avant la colonisation allemande puis belge, Hutu et Tutsi étaient des groupes sociaux avec des liens forts, une langue commune, une religion commune, la foi en un Dieu unique. L’idée d’une distinction entre les tutsis et les hutus provient des thèses racistes nées en Europe, avec le livre d’Arthur Gobineau, L’inégalité des races humaines (1853), classant les humains d’après leur apparence physique (livre qui va très largement inspirer Hitler pour Mein Kampf). Les colonisateurs belges vont ainsi promouvoir un développement séparé pour les Hutus et les Tutsis. Au début des années 1930, chaque Rwandais recevait une carte d’identité sur laquelle était indiquée son appartenance à une « ethnie » spécifique.
Cela explique le 1er poème où Beata Mairesse, réfugiée à Bordeaux, parle de la rue Gobineau. Elle évoque également le massacre à Burgarama, en 1965, un parmi d’autres.
Beata écrit aussi sa révolte en tant que femme
Saïda MENEBHI
Née à Marrakech en 1952. Poétesse, écrivaine, professeur d’anglais, elle adhère à une organisation marxiste-léniniste qui soutient la demande d’indépendance du peuple sahraoui. Le 16 janvier 1976, elle est arrêtée et internée au centre de torture de Casablanca. Inculpée pour atteinte à la sureté de l’état, lors du procès, avec ses 137 co-inculpés, elle chante dans le tribunal l’hymne des Communards de 1870. Elle entame une grève de la faim et, faute de soins, elle meurt en prison le 11 décembre 1977. Elle avait 25 ans. Elle reste encore aujourd’hui une égérie de l’opposition marocaine.
ce poème évoque ce soir de janvier 1976 où elle et son compagnon ont été arrêtés
même en prison, Saïda Menebhi conserve un regard féministe
Irène SCHAVELZON
Née d’un père yougoslave et d’une mère française. Comédienne, écrivaine et poétesse.
L’extrait date de 1976 et est tiré de la revue Sorcières, les femmes vivent. Cette revue féministe et artistique paraitra de 1975 à 1982.
Boris VIAN
Né en 1920, mort à 39 ans. On connait tous sa chanson Le déserteur, écrite en février 1954, alors que la France mène une guerre en Indochine. Censurée avant même sa sortie, elle paraitra d’abord dans une version un peu édulcorée; les termes "déserter" et "président" n’apparaissent pas.
Avant cela, Vian avait déjà connu la censure et même un procès, en 1948, lors de la sortie de J’irai cracher sur vos tombes, mettant en scène un homme noir amoureux d’une femme blanche.
Mahmoud DARWICH
Né en Galilée, en Palestine, en 1941. En 1948, sa famille fuit au Liban. De 1961 à 1967, Darwich est incarcéré dans les prisons israéliennes. Même s’il est connu pour ses poèmes sur l’amour, il écrit aussi sur la prison et défend la cause palestinienne. Il vivra en exil au Caire, à Tunis, à Paris, mais en 1995, il s’installe en Cisjordanie.
En 2000, le ministre de l’Éducation nationale propose que certains des poèmes de Darwich soient inclus dans les programmes scolaires en Israël. Mais le 1er ministre Barak s’y opposera.
Considéré comme l’un des plus grands poètes arabe, Darwich meurt en 2008.
Victor HUGO
1802-1885
Il entre en politique en 1845, sous Louis-Philippe. C’est le coup d’état du 2 décembre 1851 qui le porte à l’avant de la scène. Avec la publication du pamphlet Napoléon le Petit, Hugo confirme toute sa haine et son mépris pour Napoléon 3. Défendeur acharné de la république, il passe toute la période du second empire en exil. Il ne rentra en France qu’en septembre 1870, après la chute de l’Empire.
Le texte choisi est extrait du poème Melancholia, tiré du recueil Les Contemplations, publié en 1856 depuis Guernesey.
Robert DESNOS
1900-1945
Journaliste, écrivain, poète, scénariste, dessinateur, Desnos fréquente très tôt les surréalistes mais il sera exclu par Breton car il refuse l’adhésion aux thèses communistes. En 1941, il n’hésite pas à critiquer publiquement Céline et à gifler un journaliste fasciste et antisémite. C’est après la rafle du Vél d'Hiv, en août 1942, qu’il entrera dans la résistance active. Arrêté sur dénonciation en février 1944, déporté, il meurt du typhus en avril 1945, après la libération des camps. Dès septembre 45, Louis Aragon lui rendra hommage dans son poème La complainte de Robert le Diable, mis en musique par Jean Ferrat en 1971.
Mossab ABU TOHA
Né en 1992 dans le camp de réfugié Al Shati, dans la bande de Gaza.
Ayant vécu les divers bombardements d’Israël, il poursuit des études aux États-Unis. Il revient sur sa terre natale en tant que professeur de langue et de littérature anglaise.
Son recueil de poèmes, publié en 2022, présente la vie à Gaza ; blocus, chômage, pauvreté, bombardements…
Dominique SCHWOB DELPORTE
Écrivaine, professeur, poétesse, elle a chevillé au cœur l’amour de la littérature et des mots qu’elle défend corps et âme. Merci pour son goût du partage.
1970
Merci Françoise pour tout le travail que tu as fait pour mettre tous les textes sur ton blog
RépondreSupprimerDominique