Un 1er
jeu : création de résolutions négatives faites de verbes relevés en
communs et de mots trouvés par association d’idées.
Le 2ème
jeu et sa mise en place
-le choix
d’une reproduction de peinture, choix fait en toute innocence, sans en
connaitre le but.
-chacun
réfléchis à SA résolution de l’année d’une part, et d’autre part, à la raison qui motive cette résolution. Les 2 sont écrits sur des papiers différents.
-7 mots
sont relevés en lien avec la résolution du voisin, et sont mis au chapeau.
On va
écrire une conversation entre 2 protagonistes de la peinture, l’un expliquant à
l’autre comment tenir sa résolution.
Dans le
texte, doivent figurer, une résolution (récupérée au hasard), la motivation
(récupérée aussi au hasard et sans lien avec la résolution), une résolution
négative du 1er jeu.
Durant l’écriture,
les mots sont tirés du chapeau et sont à placer immédiatement dans le cours du
texte.
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Degas |
Je
ne marcherai pas sans avoir la tête dans les étoiles ! Je vais travailler fort mes petits pas de
deux. Comme toi, je ferai des pointes,
bras en cerceaux, pas comme un légume, même s’il est frais. Je ferai toutefois des économies de mon corps
et de mes tutus affriolants, parce que je vis comme une cigale et que je vais
avoir besoin de sous pour mon grand âge.
Sans même prendre de calculatrice, il me faudra économiser. Un bol tibétain de riz, le soir, fera mon
diner. Il me faut pour mon projet de
retraite à 42 ans, non financé par notre président, une cagnotte. Non pour aller au concert, mais pour aller
dans la vallée du Wakhan, au-delà des cols à 4900mètres d’altitude, sur les hauts
plateaux de l’Hindoustan, à la source de la rivière Pamir. C’est là où je rêve d’aller depuis
longtemps. Un rêve qui va se réaliser en
achetant un sac à dos. Je troquerai mes
ballerines contre des grosses chaussures de montagne. Tu sais, ma musculature de danseuse m’aidera
à grimper les sommets. Ce sont des rêves
pour le moment. Comme toi, je veux
devenir danseuse étoile avant de grimper en montagne. Un rouleau à masser les pieds nous ferait du
bien car nos orteils sont endoloris continuellement. Et la petite escalope de veau au fond, non
pas des baskets mais de nos chaussons de danse, n’est plus à la mode
actuellement. Dommage ! C’était
bien efficace, ne trouves tu pas ?
Cécile
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Hopper |
-Je
veux perdre 10kg
-Tu
veux perdre des kilos ? Alors arrête de manger des loukoums, ça fait
grossir
-Oui
mais j’ai faim
-Fume,
ça coupe l’appétit. Moi je fume et je ne
prends pas un gramme.
-L’année
prochaine je devrai prendre la résolution de ne plus fumer, car je tousse. Non, trouve autre chose
-Écris,
compose chaque jour, ça occupe l’esprit.
Et cuisine toi des légumes, c’est diététique ! Réinvente ta vie, ne suis pas la même route
que des milliers de personnes, d’Alexandre le Grand à Haardt. Pense au jeune Marco Polo.
-Je
ne veux plus observer mes incertitudes, je veux les résoudre
-Facile
à dire, mais concrètement ?
-Je
ne suis pas une calculatrice. Pour le
moment je n’ai pas trouvé la solution.
Elle viendra en nourrissant mon âme, c’est ce qui me remplira
-Mets-toi
à la méditation, ça règle tous les problèmes.
Une petite sonnerie sur un bol tibétain et la magie opère, c’est
instantané !
-Un
concert de conseil, c’est tout ce que tu as trouvé.
-J’essaye
de t’aider. Alors, débrouille-toi toute
seule avec ta nouvelle résolution.
-Bon
ok, je crois que je vais prendre mon sac à dos et partir sans but précis, me
laisser emmener au gré du temps et des rencontres, rien de tel pour faire
bouger les choses. Après ce grand
voyage, je reviendrai forcément transformée psychologiquement et
physiquement. Pour Noël, j’ai reçu un
rouleau à masser les pieds et des baskets, justement, ils auront leur
utilité !
Evelyne
Bernardino |
Cette
année, tu voulais passer plus de temps à chanter, seul, avec des amis ou en
groupes… Je comprends ta détresse, ça va être un peu compliqué. Mais il te faut être positif et voir le bon
côté des choses. Arrête de te sentir comme
un légume face à la vie. Tu pourrais
encore avoir une très belle voix de tête.
Le destin t’as un peu coupé les cordes vocales, mais imagine la colonne
d’air dont tu vas pouvoir profiter pour chanter à pleine voix. Cette prise d’air exceptionnelle te fera du
bien, t’oxygènera et te libèrera. Cela
te permettra de te sentir vivant et vibrant ! J’avoue même que je me sens devenir
calculatrice du cœur face à cette nouvelle situation. Ton nouveau look me fait tourner la
tête. Elle est pleine de vibrations tel
un bol tibétain. Dorénavant, je ne
jubilerai plus face à un navet, un chanteur de télévision au charme
incertain. Je serai chamboulée au plus
profond de moi-même quand j’entendrai ta voix caverneuse entonner un requiem,
un concert intime dans un intense tête à tête entre toi et moi. Et puis, soyons fous ! Je mettrai ta tête dans un sac à dos et nous fuirons
le monde des médisants. Nous grimperons
sur les montagnes pour que ta voix s’élève plus haut que les sommets. Ce rouleau à masser les pieds que je t’avais
offert pour ton anniversaire ne te sera d’aucune utilité, mais cette année sera
quand même enchantée. Nous mêlerons nos
voix et nos baskets… oups, pardon !
J’avais oublié !
Françoise
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Wood |
Qu’est-ce
qui te préoccupe Marius ? Tu es
fermé comme une huitre. Parle,
livre-toi !
Cette
année, c’est décidé, je m’occupe de moi.
La paroisse, c’est bien beau, mais ça ne suffit plus. Je m’éteins et me sclérose, comme un vieux
légume de l’automne dernier, une vieille courge abandonnée au fond d’une
grange. Malgré tout l’amour que je voue
au seigneur, il ne suffit plus à m’apporter la sérénité. L’autre jour, près du chœur, face à l’orgue,
avec ma calculatrice, je préparais consterné, le budget paroissial 2021. Je ne peux plus entretenir ma petite église,
malgré mon dévouement. Je n’éternuerai
plus devant une aquarelle mouillée du Christ en croix, les lèvres bleuies par
le froid de ces longues heures sans chauffage, face aux infiltrations de pluie
du toit sur cette œuvre majeure. Mon bol tibétain peine aujourd'hui à recueillir toute l'eau qui descend du ciel.
Pourquoi le Seigneur, que je sers depuis tant d’années, m’envoie-t-il
tant d’humidité ? C’est un concert
de floc flic flac toute la journée, qui use mes nerfs bien davantage qu’un
concert de hard-rock. Regarde mon état,
je me dessèche et perd toute substance parce que, dans ce sac à dos permanent
de mon existence, je porte le fardeau des pêchés de cet existence
terrestre. Celle de tous mes
fidèles. Pour quelle récompense ? Je suis ainsi, parce que j’emmagasine trop de
stress, ne suis que rarement détendu et cela impacte sur ma vie en général. J’ai maintenant envie de laisser aux autres
leurs rancœurs, leurs accusations, leurs pénitences et enfin de prendre soin de
mon esprit et de mon corps. Pourquoi
pas, même de nous deux ? Berthe,
achetons-nous un rouleau à masser les pieds ! Allons nous promener ensemble comme lorsque
tu me faisais la cour ! Allons,
pourquoi pas, nous acheter des chaussures modernes pour nos vieilles voûtes
plantaires !
Oh,
Marius ! Jésus, Marie, Joseph !
Si l’on m’avait dit ce matin que le Seigneur m’enverrait aujourd’hui des
baskets…
Hélène
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Manet |
Vous savez, chère Elizabeth,
vous voir ainsi, le regard lointain, posée sur ce banc, si tranquille et
apaisée, m’amène à me fixer une résolution des plus importante ;
« rester calme en toutes circonstances ». Je ne parle pas de rester inerte, tel un
légume plein champs au beau milieu de l’hiver.
Mais plutôt d’arrêter de bouillir intérieurement jusqu’à exploser telle
une cocotte minute oubliée sur un coin de la cuisinière. Tel un sage, garder une plénitude irréel lors
d’une discussion ahurissante entre ces garces calculatrices que je croise lors
de diners mondains où les betteraves rouges ne sont pas mangées car elles sont
trop rouge sang et risqueraient de faire des taches suspectes. Mon cœur me remerciera. Finies les palpitations et la tachycardie
intempestive. Je vais choyer mon muscle
cardiaque et mon plexus solaire pour pouvoir marcher en montagne sans souffler
comme une vieille locomotive. Je mettrai
en place des méditations quotidiennes rythmées au doux son des bols
tibétains. J’irai me détendre à des
concerts de jazz ou de musique classique, mais aussi attraper mon sac à dos et
arpenter les montagnes et autres beautés naturelles. Et puis, en rentrant chez moi, j’utiliserai
mon rouleau à masser les pieds tout en dégustant une bonne bière des Flandres,
les baskets toutes crottées.
Lucie
![]() |
Magritte |
LUI- Je veux lâcher prise et
arrêter de stresser autant
ELLE- Pourquoi tu stresses
tant, mon homme ? Ne cois-tu pas
qu’avancer masqué dans ce monde ne nous aide pas ?
LUI- C’est possible que
cette obligation de porter ce voile anti-microbe ne m’aide pas car je panique
vite et du coup ça me stresse et ça stresse mon voisinage.
ELLE- C’est sûr, on est tous
comme des légumes dans nos emballages.
On n’arrive plus à réfléchir face à la mer.
LUI- Et si on se mettait à
vivre ?
ELLE- On m’a toujours dit
que j’étais une horrible calculatrice, que je ne me satisfaisais jamais des
règles imposées à tous
LUI- Mais moi je t’aime
comme cela, je n’ai pas besoin d’artifice pour sentir vibrer tes chakras
ELLE- Que veux-tu dire par
artifice ?
LUI- Tu sais, genre le son
des bols tibétains qui soi-disant t’amène à une vraie rencontre de l’autre
ELLE- Oui, je sais. Tu préfères la foule dense des concerts, le
corps à corps imposé par tous ces gens qui se trémoussent
LUI- Dis, on les enlève ces
foulards de prévention et on se regarde en face ?
ELLE- Non, pas tout de
suite. Partons sac à dos au sommet du
Grand Révic. Là, nous ne serons pas
dénoncés, même les isards n’y vont plus, nous serons seuls.
LUI- Mais es-tu sûre de
vouloir voir enfin mon visage ? Tu risques d’être déçue.
ELLE- Au pire, avec mon
rouleau à masser les pieds, que j’ai
toujours avec moi, je te ferai un petit lifting.
LUI- Tu es pleine de
ressources et je te fais une entière confiance
ELLE- Bon, j’enfile mes
baskets et on y va !
Odile
le 3ème
jeu : un pantoum,
une forme
poétique au rythme bien particulier, avec 2 phrases de bases imposées.
Je
ne marcherai pas en tenant ta barbichette
Un
faux pas et, patatrack, je me casse la binette
Pourquoi
le seigneur m’envoie-t-il tant d’humidité ?
Un
sol glissant, de la boue, quelle idée !
Un
faux pas et, patatrack, je me casse la binette
Je
serai bien mieux près du feu à déguster une tartiflette
Un
sol glissant, de la boue, quelle idée !
Je
rentre au chaud pour me délecter
Je
serai bien mieux près du feu à déguster une tartiflette
La
boue, la neige, j’en ai assez, je pose mes raquettes
Je
rentre au chaud pour me délecter
D’un
bon lit douillet
La
boue, la neige, j’en ai assez, je pose mes raquettes
Je
vais marcher en rêve avec mes chaussettes
Dans
un bon lit douillet
Je
ne marcherai pas en tenant ta barbichette
Cécile
Je
ne marcherai pas en tenant ta barbichette
Sous
la lune, des poussières de lumière
Pourquoi
le seigneur m’envoie-t-il tant d’humidité ?
En
cette pleine période d’été
Sous
la lune, des poussières de lumière
Dans
les ballons qui s’élèvent
En
cette pleine période d’été
Lumineuse,
elle éclaire les plaines
Dans
les ballons qui s’élèvent
Mille
messages d’enfants sages
Lumineuse,
elle éclaire les plaines
L’accompagne
dans leur voyage
Mille
messages d’enfants sages
Envoyés
au hasard des vents
L’accompagne
dans leur voyage
Je
ne marcherai pas en tenant ta barbichette
Evelyne
Je
ne marcherai plus en tenant ta barbichette
Je
me suis échappée sur ma bicyclette
Pourquoi
le seigneur m’envoie-t-il tant d’humidité ?
Aurais-je
pécher par manque d’humilité ?
Je
me suis échappée sur ma bicyclette
Pourtant
je rêve toujours de ta barbichette
Aurais-je
pécher par manque d’humilité ?
Je
suis triste, seule, à l’heure du thé
Pourtant
je rêve toujours de ta barbichette
Pourquoi
es-tu parti loin avec Paulette ?
Je
suis triste, seule, à l’heure du thé
Je
n’ai que mon chagrin à ressasser
Pourquoi
es-tu parti loin avec Paulette ?
La
femme à barbe, la trainée !
Je
n’ai que mon chagrin à ressasser
Je
ne marcherai plus en tenant ta barbichette
Françoise
Je
ne marcherai pas en tenant ta barbichette
Si
je chutais, tu aurais piètre allure pauvrette
Pourquoi
le seigneur m’envoie-t-il tant d’humidité ?
Avec
toutes ces flaques je crains de glisser
Si
je chutais, tu aurais piètre allure pauvrette
Un
pied devant l’autre, ça parait pourtant bête
Avec
toutes ces flaques je crains de glisser
Face
à la vie, je ne fais qu’hésiter
Un
pied devant l’autre, ça parait pourtant bête
Courage !
Vaillamment j’irai de l’avant
Face
à la vie, je ne fais qu’hésiter
Mais
centimètre par centimètre j’évoluerai finalement
Courage !
Vaillamment j’irai de l’avant
Je
trouverai l’envie, le plaisir, la détermination et la fête
Mais
centimètre par centimètre j’évoluerai finalement
Je
ne marcherai pas en tenant ta barbichette
Hélène
Je
ne marcherai pas en tenant ta barbichette
Car
dégoulinant que tu es tu as même trempé tes baskets
Pourquoi
le seigneur m’envoie-t-il tant d’humidité ?
Moi
qui voulais être près de toi, toute donnée
Car
dégoulinant que tu es tu as même trempé tes baskets
Quand
viendra le jour où tu seras un vrai …
Moi
qui voulais être près de toi, toute donnée
Me
voilà bien dépitée
Quand
viendra le jour où tu seras un vrai …
En
beau costaud et bien coiffé
Me
voilà bien dépitée
J’aurais
tant espérer
En
beau costaud et bien coiffé
Moi
toujours si bien apprêtée
J’aurais
tant espérer
Je
ne marcherai pas en tenant ta barbichette
Odile
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